Play · 1892 · The Countess Cathleen
Notes
I found the story of the Countess Cathleen in what professed to be a collection of Irish folk-lore in an Irish newspaper some years ago. I wrote to the compiler, asking about its source, but got no answer, but have since heard that it was translated from Les Matinées de Timothé Trimm a good many years ago, and has been drifting about the Irish press ever since. Léo Lespès gives it as an Irish story, and though the editor of Folklore has kindly advertised for information, the only Christian variant I know of is a Donegal tale, given by Mr. Larminie in his West Irish Folk Tales and Romances, of a woman who goes to hell for ten years to save her husband, and stays there another ten, having been granted permission to carry away as many souls as could cling to her skirt. Léo Lespès may have added a few details, but I have no doubt of the essential antiquity of what seems to me the most impressive form of one of the supreme parables of the world. The parable came to the Greeks in the sacrifice of Alcestis, but her sacrifice was less overwhelming, less apparently irremediable. Léo Lespès tells the story as follows:—
Ce que je vais vous dire est un récit du carême Irlandais. Le boiteux, l’aveugle, le paralytique des rues de Dublin ou de Limerick, vous le diraient mieux que moi, cher lecteur, si vous alliez le leur demander, un sixpense d’argent à la main.-Il n’est pas une jeune fille catholique à laquelle on ne Fait appris pendant les jours de préparation à la communion sainte, pas un berger des bords de la Blackwater qui ne le puisse redire à la veillée.
Il y a bien longtemps qu’il apparut tout-à-coup dans la vielle Irlande deux marchands inconnus dont personne n’avait oui parler, et qui parlaient néanmoins avec la plus grande perfection la langue du pays. Leurs cheveux étaient noirs et ferrés avec de l’or et leurs robes d’une grande magnificence.
Tous deux semblaient avoir le même age; ils paraissaient être des hommes de cinquante ans, car leur barbe grisormait un peu.
Or, à cette époque, comme aujourd’hui, l’Irlande était pauvre, car le soleil avait été rare, et des récoltes presque nulles. Les indigents ne savaient à quel sainte se vouer, et la misère devenai de plus en plus terrible.
Dans l’hôtellerie où descendirent les marchands fastueux on chercha à pénétrer leurs desseins: mais cc fut en vain, ils demeurèrent silencieux et discrets.
Et pendant qu’ils demeurèrent dans l’hôtellerie, ils ne cessèrent de compter et de recompter des sacs de pièces d’or, dont la vive clarté s’apercevait à travers les vitres du logis.
Gentlemen, leur dit l’hôtesse un jour, d’où vient que vous êtes si opulents, et que, venus pour secourir la misère publique, vous ne fassiez pas de bonnes oeuvres?
-Belle hôtesse, répondit l’un d’eux, nous n’avons pas voulu aller au-devant d’infortunes honorables, dans la crainte d’être trompés par des misères fictives: que la douleur frappe à la porte, nous ouvrirons.
Le lendemain, quand on sut qu’il existait deux opulents étrangers prêts à prodiguer l’or, la foule assiégea leur logis; mais les figures des gens qui en sortaient étaient bien diverses. Les uns avaient la fierté dans le regard, les autres portaient la honte au front. Les deux trafiquants achetaient des âmes pour le démon. L’âme d’un vieillard valait vingt pièces d’or, pas un penny de plus; car Satan avait eu le temps d’y former hypothèque. L’âme d’une épouse en valait cinquante quand elle était jolie, ou cent quand elle était laide. L’Âme d’une jeune fille se payait des prix fous: les fleurs les plus belles et les plus pures sont les plus chères.
Pendant ce temps, il existait dans la ville un ange de beauté, la comtesse Ketty O’Connor. Elle était l’idole du peuple, et la providence des indigents. Dès qu’elle eut appris que des mécréants profitaient de la misère publique pour dérober des coeurs à Dieu, elle fit appeler son majordome.
—Master Patrick, lui dit elle, combien ai-je de pièces d’or dans mon coffre?
—Cent mille.
—Combien de bijoux?
—Pour autant d’argent.
—Combien de châteaux, de bois et de terres?
—Pour le double de ces sommes.
—Eh bien! Patrick, vendez tout cc qui n’est pas or et apportez-m’en le montant. je ne veux garder à moi que ce castel et le champs qui l’entoure.
Deux jours après, les ordres de la pieuse Ketty étaient exécues et le trésor était distribué aux pauvres au fur et à mesure de leurs besoins.
Ceci ne faisait pas le compte, dit la tradition, des commisvoyageurs du malin esprit, qui ne trouvaient plus d’âmes à acheter.
Aides par un valet infame, ils pénétrèrent dans la retraite de la noble dame et lui dérobèrent le reste de son trésor... en vain lutta-t-elle de toutes ses forces pour sauver le contenu de son coffre, les larrons diaboliques furent les plus forts. Si Ketty avait eu les moyens de faire un signe de croix, ajoute la légende Irlandaise, elle les eut mis en fuite, mais ses mains étaient captives-Le larcin fut effectué.
Alors les pauvres sollicitèrent en vain près de Ketty dépouillée, elle ne pouvait plus secourir leur misère;-elle les abandonnait à la tentation. Pourtant il n’y avait plus que huit jours à passer pour que les grains et les fourrages arrivassent en abondance des pays d’Orient. Mais, huit jours, c’était un siècle: huit jours nécessitaient une somme immense pour subvenir aux exigences de la disette, et les pauvres allaient ou expirer dans les angoisses de la faim, ou, reniant les saintes maximes de l’Evangile, vendre à vil prix leur âme, le plus beau présent de la munificence du Seigneur toutpuissant.
Et Ketty n’avait plus une obole, car elle avait abandonné son châteaux aux malheureux.
Elle passa douze heures dans les larmes et le deuil, arrachant ses cheveux couleur de soleil et meurtrissant son sein couleur du lis: puis elle se leva résolue, animée par un vif sentiment de désespoir.
Elle se rendit chez les marchands d’âmes.
—Que voulez-vous? dirent ils.
—Vous achetez des âmes?
—Oui, un peu malgré vous, n’est ce pas, sainte aux yeux de sapbir?
—Aujourd’hui je viens vous proposer un marché, reprit elle.
—Lequel?
—J’ai une âme à vendre; mais elle est chère.
—Qu’importe si elle est précieuse? L’âme, comme le diamant, s’apprécie à sa blancheur.
—C’est la mienne, dit Ketty.
Les deux envoyés de Satan tressaillirent, Leurs griffes s’allongèrent sous leurs gants de cuir; leurs yeux gris étincelèrent:—l’âme, pure, immaculée, virginale de Ketty c’était une acquisition inappréciable.
—Gentille dame, combien voulez-vouz?
—Cent cinquante mille écus d’or.
—C’est fait, dirent les marchands: et ils tendirent à Ketty un parchemin cacheté de noir, qu’elle signa en frissonnant.
La somme lui fut comptée.
Des qu’elle fut rentrée, elle dit au majordome:
—Tenez, distribuez ceci. Avec la somme que je vous donne les pauvres attendront la huitaine nécessaire et pas une de leurs âmes ne sera livrée au démon.
Puis elle s’enferma et recommanda qu’on ne vint pas la déranger.
Trois jours se passèrent; elle n’appela pas; elle ne sortit pas.
Quand on ouvrit sa porte, on la trouva raide et froide: elle était morte de douleur.
Mais la vente de cette âme si adorable dans sa charité fut déclarée nulle par le Seigneur: car elle avait sauvé ses concitoyens de la morte éternelle.
Après la huitaine, des vaisseaux nombreux amenèrent l’Irlande affamée d’immenses provisions de grains.
La famine n’était plus possible. Quant aux marchands, ils disparurent de leur hôtellerie, sans qu’on sût jamais ce qu’ils étaient devenus.
Toutefois, les pêcheurs de la Blackwater prétendent qu’ils sont enchainés dans une prison souterraine par ordre de Lucifer jusqu’au moment où ils pourront livrer l’âme de Ketty qui leur a échappé. je vous dis la légende telle que je la sais.
-Mais les pauvres l’ont raconté d’âge en âge et les enfants de Cork et de Dublin chantent encore la ballade dont voici les derniers couplets:-
Pour sauver les pauvres qu’elle aime
Ketty donna
Son esprit, sa croyance même
Satan paya
Cette âme au dévoument sublime,
En écus d’or,
Disons pour racheter son crime,
Confiteor.
Mais l’ange qui se fit coupable
Par charité
Au séjour d’amour ineffable
Est remonté.
Satan vaincu n’eut pas de prise
Sur ce coeur d’or;
Chantons sous la nef de l’église,
Confiteor.
N’est ce pas que ce récit, né de l’imagination des poètes catholiques de la verte Erin, est une Véritable récit de carême?
The Countess Cathleen was acted in Dublin in 1899, with Mr. Marcus St. John and Mr. Trevor Lowe as the First and Second Demon, Mr. Valentine Grace as Shemus Rua, Master Charles Sefton as Teig, Madame San Carola as Mary, Miss Florence Farr as Aleel, Miss Anna Mather as Oona, Mr. Charles Holmes as the Herdsman, Mr. Jack Wilcox as the Gardener, Mr. Walford as a Peasant, Miss Dorothy Paget as a Spirit, Miss M. Kelly as a Peasant Woman, Mr. T. E. Wilkinson as a Servant, and Miss May Whitty as The Countess Kathleen. They had to face a very vehement opposition stirred up by a politician and a newspaper, the one accusing me in a pamphlet, the other in long articles day after day, of blasphemy because of the language of the demons or of Shemus Rua, and because I made a woman sell her soul and yet escape damnation, and of a lack of patriotism because I made Irish men and women, who, it seems, never did such a thing, sell theirs. The politician or the newspaper persuaded some forty Catholic students to sign a protest against the play, and a Cardinal, who avowed that he had not read it, to make another, and both politician and newspaper made such obvious appeals to the audience to break the peace, that a score or so of police were sent to the theatre to see that they did not. I had, however, no reason to regret the result, for the stalls, containing almost all that was distinguished in Dublin, and a gallery of artisans alike insisted on the freedom of literature.
After the performance in 1899 I added the love scene between Aleel and the Countess, and in this new form the play was revived in New York by Miss Wycherley as well as being played a good deal in England and America by amateurs. Now at last I have made a complete revision to make it suitable for performance at the Abbey Theatre. The first two scenes are almost wholly new, and throughout the play I have added or left out such passages as a stage experience of some years showed me encumbered the action; the play in its first form having been written before I knew anything of the theatre. I have left the old end, however, in the version printed in the body of this book, because the change for dramatic purposes has been made for no better reason than that audiences—even at the Abbey Theatre—are almost ignorant of Irish mythology or because a shallow stage made the elaborate vision of armed angels upon a mountain-side impossible. The new end is particularly suited to the Abbey stage, where the stage platform can be brought out in front of the prosceniurn and have a flight of steps at one side up which the Angel comes, crossing towards the back of the stage at the opposite side. The principal lighting is from two arc lights in the balcony which throw their lights into the faces of the players, making footlights unnecessary. The room at Shemus Rua’s house is suggested by a great grey curtain-a colour which becomes full of rich tints under the stream of light from the arcs. The two or more arches in the third scene permit the use of a gauze. The short front scene before the last is just long enough when played with incidental music to allow the scene set behind it to be changed. The play when played without interval in this way lasts a little over an hour.
The play was performed at the Abbey Theatre for the first time on December 14, 1911, Miss Maire O’Neill taking the part of the Countess, and the last scene from the going out of the Merchants was as follows:-
Merchants rush out. Aleel crawls into the middle of the room; the twilight has fallen and gradually darkens as the scene goes on.
Aleel
He moves about as though the air was full of spirits. Oona enters.
Oona
Aleel
Oona
Aleel
He kneels beside her, but does not seem to hear her words. The Peasants return. They carry the Countess Cathleen and lay her upon the ground before Oona and Aleel. She lies there as if dead.
Oona
She kisses the hands of Cathleen.
A Peasant
Cathleen
Oona takes her in her arms. A Woman begins to wail.
Peasants
Peasant Women
Other Peasant Women
Cathleen
A Peasant Woman
Another Peasant Woman
Cathleen
She dies.
Oona
A Woman brings it to her out of inner room. Oona holds glass over the lips of Cathleen. All is silent for a moment, then she speaks in a half-scream.
A Peasant
A Peasant
An Old Peasant Woman
Aleel takes looking-glass from Oona and flings it upon floor, so that it is broken in many pieces.
Aleel
A Peasant Woman
Aleel
A winged Angel, carrying a torch and a sword, enters from the R. with eyes fixed upon some distant thing. The Angel is about to pass out to the L. when Aleel speaks. The Angel stops a moment and turns.
The Angel turns again and is about to go, but is seized by Aleel.
Angel
Aleel releases the Angel and kneels.
Oona
Text: The Countess Cathleen, seventh edition, revised (T. Fisher Unwin, London, 1912). Public domain.